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Autorisation de conduite pour un intérimaire : qui doit la délivrer sur le lieu de travail ?

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Sur un chantier, dans un entrepôt ou sur un site industriel, un intérimaire ne peut pas prendre les commandes d’un engin au seul motif qu’il possède un CACES. La conduite de certains équipements de travail exige une autorisation adaptée au matériel et au lieu de travail, délivrée après vérification de plusieurs conditions. La répartition des rôles est essentielle : l’entreprise de travail temporaire vérifie notamment les compétences et l’aptitude médicale, tandis que l’entreprise utilisatrice connaît les installations, les consignes et les risques du site où la mission se déroule.

Cette distinction évite une confusion fréquente entre formation, certificat et autorisation. Elle permet aussi de prévenir les situations où un conducteur, bien formé à un modèle d’engin, ignore une règle de circulation locale ou une contrainte propre au chantier. Pour l’employeur qui accueille le salarié, l’enjeu est concret : organiser les contrôles avant la prise de poste et formaliser une décision cohérente avec les tâches confiées.

En bref

  • L’autorisation de conduite est délivrée par l’entreprise utilisatrice pour l’activité réalisée sur son site.
  • L’entreprise de travail temporaire s’assure de la compétence du salarié et lui fournit l’attestation médicale requise.
  • Le CACES contribue à démontrer les compétences, mais ne remplace ni l’autorisation ni l’information sur les règles du site.
  • Depuis le 1er octobre 2025, la conduite de ces équipements n’entraîne plus, à elle seule, un suivi individuel renforcé.
  • Une vérification des équipements, des consignes et des conditions de mission reste indispensable avant toute conduite.

Autorisation de conduite d’un intérimaire : qui la délivre ?

Pour un salarié permanent, l’autorisation émane en principe de son employeur. Dans le cas d’un intérimaire, la répartition des responsabilités tient compte du fait que le salarié travaille temporairement dans les locaux d’une autre entreprise. L’entreprise de travail temporaire demeure son employeur, mais c’est généralement l’entreprise utilisatrice qui délivre l’autorisation liée à la conduite sur son propre site.

Cette entreprise connaît les équipements mis à disposition, les voies de circulation, les zones interdites et les règles de prévention à appliquer. Elle est donc la mieux placée pour vérifier que le conducteur maîtrise les consignes spécifiques avant de le laisser utiliser un engin. L’autorisation n’est pas une formalité administrative transférable d’un chantier à l’autre : elle doit correspondre aux équipements et aux conditions de travail concernés.

Le partage des vérifications entre les deux entreprises

L’entreprise de travail temporaire doit s’assurer que le candidat possède les compétences nécessaires à la mission et dispose de l’attestation d’absence de contre-indications médicales lorsqu’elle est requise. L’entreprise utilisatrice complète ces vérifications en présentant les installations, en précisant les risques locaux et en évaluant l’aptitude pratique du salarié à conduire dans son environnement de travail.

Imaginons Malik, cariste intérimaire, envoyé dans un entrepôt qu’il ne connaît pas. Son expérience et son CACES peuvent établir qu’il a été évalué sur une catégorie de chariots, mais ils ne l’informent pas des sens de circulation, des zones de charge ni des priorités aux intersections du site. L’autorisation de conduite doit tenir compte de ces éléments avant son affectation effective.

La responsabilité en matière de sécurité repose donc sur une coopération documentée : l’agence transmet les justificatifs utiles et l’entreprise utilisatrice vérifie que les conditions locales sont réunies. Pour approfondir les contrôles qui peuvent être effectués, consultez ce guide sur les vérifications de l’employeur sans CACES.

Quels équipements de travail nécessitent une autorisation ?

La conduite de certains équipements mobiles automoteurs ou servant au levage est soumise à une autorisation délivrée par l’employeur. L’obligation concerne notamment six familles d’engins. La décision doit être adaptée à l’équipement concerné : une autorisation prévue pour un type de chariot ne donne pas automatiquement le droit de conduire une grue ou une plate-forme élévatrice.

Famille d’équipement Exemple de situation Vérification de site à prévoir
Grue à tour Levage de matériaux sur un chantier de construction Zones de survol, communications et conditions de levage
Grue mobile Manutention ponctuelle sur une aire de livraison Stabilité du sol, implantation et périmètre de sécurité
Grue auxiliaire de chargement Chargement d’un camion sur une zone d’expédition Environnement de manœuvre et présence de piétons
Chariot automoteur à conducteur porté Déplacement de palettes dans un entrepôt Circulation, visibilité et règles de stockage
PEMP Intervention en hauteur pour une opération de maintenance Nature du sol, obstacles et balisage de la zone
Engin de chantier télécommandé ou à conducteur porté Terrassement ou déplacement de matériaux Accès, coactivité et limites de la zone d’évolution

La liste des tâches confiées et les caractéristiques de l’engin doivent être examinées ensemble. Par exemple, une plate-forme élévatrice peut être utilisée dans un atelier encombré où la circulation de piétons impose des mesures particulières ; le fait que le conducteur ait déjà manœuvré le même type de matériel ne dispense pas d’expliquer ces contraintes.

découvrez les démarches et conditions pour obtenir une autorisation de conduire en tant que travailleur temporaire.

CACES, formation à la conduite et autorisation : trois notions différentes

Le CACES est un dispositif d’évaluation des connaissances et du savoir-faire pratique pour une catégorie d’équipements. Il constitue un élément utile pour vérifier les compétences d’un conducteur, mais il ne vaut pas autorisation de conduite. Cette dernière est une décision de l’employeur, prise après examen des conditions applicables et des particularités de l’affectation.

La formation à la conduite peut être étayée par un CACES ou par d’autres éléments permettant d’évaluer les compétences, selon le contexte. Dans tous les cas, le salarié doit également recevoir les instructions relatives au matériel réellement utilisé et au lieu de travail. L’entreprise utilisatrice peut organiser une familiarisation, une prise en main encadrée ou une évaluation sur site, particulièrement lorsque l’engin ou l’environnement présente des particularités.

Une autorisation correctement préparée repose sur plusieurs vérifications complémentaires :

  • Compétence : vérifier les justificatifs de formation ou d’évaluation correspondant à l’équipement.
  • Aptitude médicale : s’assurer que l’attestation d’absence de contre-indications est disponible lorsqu’elle est nécessaire.
  • Connaissance du site : transmettre les règles de circulation, les consignes d’urgence et les zones à risques.
  • Adéquation de la mission : confirmer que l’engin et les tâches prévues correspondent aux compétences vérifiées.

Depuis le 1er octobre 2025, en application du décret n° 2025-355 du 18 avril 2025, la conduite de ces équipements ne constitue plus, à elle seule, un motif de classement en suivi individuel renforcé. Cela ne supprime pas l’exigence d’une attestation médicale pour l’autorisation lorsqu’elle est prévue : les deux démarches répondent à des objectifs distincts. Les recommandations CACES ont été actualisées en juillet 2026 afin de prendre en compte les évolutions réglementaires.

Aptitude médicale et suivi de santé des conducteurs intérimaires

Avant de délivrer l’autorisation, il faut s’assurer que le conducteur dispose de l’attestation d’absence de contre-indications médicales à la conduite. Elle peut être établie à l’issue d’une visite d’information et de prévention menée par un médecin du travail. Si cette visite est effectuée par un autre professionnel de santé, notamment un infirmier, un rendez-vous avec le médecin du travail doit être organisé pour obtenir l’attestation nécessaire.

La réforme entrée en vigueur le 1er octobre 2025 a modifié le suivi de santé applicable à la conduite d’engins : ces postes ne relèvent plus automatiquement du suivi individuel renforcé au seul titre de la conduite. En revanche, le suivi renforcé demeure obligatoire si le salarié est exposé à un autre risque particulier mentionné à l’article R. 4624-23 du Code du travail, comme l’amiante, le plomb, le bruit ou les rayonnements ionisants.

L’employeur peut également décider d’inscrire certains postes sur la liste des postes à risques, par exemple lorsque la conduite d’une grue de très grande hauteur ou l’intervention dans un environnement spécifique justifie une surveillance adaptée. Dans ce cas, les salariés affectés bénéficient du suivi renforcé correspondant. La décision doit être reliée aux risques réels du poste, et non à une simple préférence administrative.

En pratique, l’agence d’intérim et l’entreprise utilisatrice gagnent à vérifier les documents avant l’arrivée du salarié, sans échanger plus d’informations médicales que nécessaire. L’objectif est de confirmer l’aptitude requise, pas de divulguer un diagnostic : une attestation et une organisation claire permettent de concilier prévention et respect de la confidentialité.

Délivrer l’autorisation sur le lieu de travail : une démarche concrète

La délivrance intervient après une vérification cohérente des compétences, de l’aptitude médicale et des consignes propres au site. L’autorisation doit identifier clairement le conducteur et le ou les équipements concernés, et préciser les conditions dans lesquelles la conduite est permise. Les justificatifs correspondants doivent pouvoir être présentés aux autorités de contrôle compétentes.

Pour une mission qui se prolonge sur plusieurs sites, une autorisation unique peut parfois être envisagée si les lieux et les instructions à respecter sont explicitement couverts et que le salarié connaît effectivement ces conditions. À l’inverse, un changement de matériel, de chantier ou de consignes peut nécessiter une nouvelle vérification. Une autorisation générale, sans lien précis avec l’activité confiée, ne remplace pas l’évaluation des risques.

Un responsable de site peut, par exemple, commencer par faire parcourir à Malik l’itinéraire des chariots, lui présenter les zones de croisement et vérifier sa conduite sur le matériel affecté. Si une règle de l’entrepôt diffère de ses habitudes, cette étape permet de la corriger avant une situation dangereuse. L’autorisation devient alors le résultat d’un contrôle réel, et non une signature accordée par défaut.

Qui signe l’autorisation de conduite d’un intérimaire ?

En règle générale, l’entreprise utilisatrice la délivre pour les équipements et les conditions de son site. L’entreprise de travail temporaire reste responsable des vérifications relevant de son rôle d’employeur, notamment concernant la compétence et l’attestation médicale requise.

Le CACES suffit-il pour conduire chez l’entreprise utilisatrice ?

Non. Le CACES évalue les compétences pour une catégorie d’équipements, mais il ne remplace pas l’autorisation de conduite ni la connaissance des consignes et des risques propres au lieu de travail.

Un intérimaire doit-il toujours bénéficier d’un suivi individuel renforcé ?

Non, la conduite d’équipements mobiles ou de levage ne déclenche plus automatiquement ce suivi depuis le 1er octobre 2025. Il reste obligatoire en présence d’autres risques particuliers ou si le poste est inscrit sur la liste des postes à risques selon les conditions applicables.

L’autorisation reste-t-elle valable si l’intérimaire change de chantier ?

Elle doit correspondre aux équipements, aux lieux et aux consignes concernés. Si le nouveau site ou le matériel diffère, l’entreprise utilisatrice doit vérifier les conditions de conduite et adapter l’autorisation avant la prise de poste.

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